maman imparfaite

 

C’est l’histoire d’une maman imparfaite.

Il n’y avait qu’une heure de train.

Un Lille-Paris. Départ à 17h41.

C’était court, ça ne pouvait être que facile.

Et puis ils sont tellement habitués au voyage me disais-je…

Ca allait être parfait.

 

On s’est installé dans un carré

 

Cette heure que j’avais prévu parfaite a été un calvaire. Ni plus, ni moins. C’est ce que j’en ai pensé au moment où je l’ai vécue.

 

Ma fille, Prune, 18 mois, était surexcitée. Son air malicieux et son sourire édenté étaient à l’apogée de leur art. « Paco et le Jazz » l’a occupé une demi-minute avant qu’elle s’en désintéresse. Et puis, elle a enlevé ses chaussures, ses chaussettes, s’est mise debout sur le siège, a léché la vitre sale, tiré les cheveux de son frère, demandé de l’eau, et l’a renversée parce qu’elle n’avait pas soif, elle a glissé le bras entier dans la poubelle et pleuré quand je l’ai délogée.

 

Mon fils Charlie, 4 ans, a commencé comme un charme. Pom d’Api avec papa, le dinosaure numéroté et le labyrinthe… C’était jusqu’à ce que mon cher et tendre emmène Prune entre les wagons parce ses cris d’excitations atteignaient des décibels plutôt gênants pour nos voisins. Puis, le garçon calme est devenu furie. « Non, je ne veux pas faire ça, je veux aller avec papa, non, je ne veux pas t’écouter… ». Et les cris étaient tels que je l’ai emmené de l’autre côté du wagon non sans quelques ronchonnements des voyageurs quand on passait dans l’allée.

 

C’était un Lille-Paris, 1 heure seulement

 

Entre les wagons, les 3 grandes respirations habituelles n’ont pas suffi à le calmer. Il me défiait du regard puis me tournait le dos, se roulait par terre devant les toilettes odorants du TGV. 

 

Et moi, je bouillonnais. Ma patience s’amenuisait, je commençais sérieusement à m’énerver. Et les pensées qui me venaient à son égard étaient :

« Il est impertinent »

« Il me manque de respect devant les voyageurs »

« Il est insupportable, que vont-ils penser de lui et de moi? »

 

Et je pensais à peu près la même chose de sa soeur. Je me sentais impuissante, honteuse d’avoir ces deux petits anges devenus démons devant tous les voyageurs du wagon, énervée d’avoir à gérer ça et fatiguée. 

Alors j’ai haussé la voix.

Alors j’ai saisi mon fils par le bras et entraîné de force à sa place.

Alors j’ai tenu fermement ma fille dans les bras pendant qu’elle hurlait en pestant intérieurement.

 

En fait, c’était désagréable et frustrant. Et je leur en voulait de me faire subir ça.

 

J’ai été pendant cet épisode, tout sauf UNE MAMAN résiliente

 

Cela n’aurait sans doute rien changé au comportement de mes enfants qui étaient fatigués et excités. Mais à moi, ça aurait peut-être fait du bien.

Accepter que les enfants gèrent difficilement la fatigue.

Accepter qu’ils crient, qu’ils pleurent.

Accepter que cela gêne les passagers.

Accepter de passer l’heure entre les wagons plutôt que face à mon magazine Flow.

Accepter que mes enfants sont imparfaits et qu’ils sont parfaits comme ça.

 

J’aurais sans doute été moins aggressive et plus patiente tout en maintenant ma fermeté.

J’aurais préféré ça.

 

La PRISE DE CONSCIENCE est essentielle

 

Alors y penser à posteriori et comprendre ce qui s’est passé en moi : mes pensées, mes émotions, mes actions, et le résultat. Cette étape là m’a fait du bien. Chaque expérience est parfaite pour en apprendre plus sur soi.

 

Alors ce soir, plutôt que me coucher énervée, je me sens sereine. Je sais où je suis et je choisis de l’accepter. Je sais aussi où je veux aller et la maman que je travaille à être. Je serai sûrement un peu plus résiliente la prochaine fois!

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